Le député européen Raphaël Glucksmann, en préparation de sa candidature à la présidentielle, annonce une initiative audacieuse : organiser une convention citoyenne dédiée au débat sur l’immigration. Cette proposition, qui sera développée dans son livre à paraître ce jeudi 28 mai, vise à aborder la question migratoire d’une manière structurée et transparente.
EN BREF
- Raphaël Glucksmann propose une convention citoyenne sur l’immigration.
- Il souhaite instaurer un service civique obligatoire pour renforcer l’intérêt général.
- Glucksmann plaidera pour une revalorisation des salaires des enseignants et un nouveau contrat social.
« Au lieu de fuir le débat migratoire, nous l’assumerons et nous organiserons une convention citoyenne », déclare Glucksmann, insistant sur l’importance d’impliquer des citoyens tirés au sort, représentatifs de la population. Ces participants seraient confrontés à des données démographiques, économiques et sécuritaires pour nourrir un dialogue éclairé et constructif. L’objectif est que ces discussions aboutissent à des propositions concrètes, soumises au vote du Parlement, afin de structurer le débat sur l’immigration « sans tabou ».
Cette initiative s’inscrit dans un contexte où, sous la présidence d’Emmanuel Macron, des conventions citoyennes ont déjà été mises en place sur des sujets tels que le climat et la fin de vie. Ces expériences ont été couronnées de succès, en contribuant à l’élaboration de projets de loi significatifs. Glucksmann espère ainsi reproduire ce modèle pour aborder la question migratoire, souvent délicate et sujette à de vives tensions.
Le livre de Glucksmann, intitulé Nous avons encore envie, aborde également d’autres propositions marquantes. Parmi celles-ci, l’instauration d’un service civique obligatoire, qu’il décrit comme une opportunité pour les Français de « se croiser à un moment donné de leur existence » et de se mettre ensemble au service de l’intérêt général. Ce service pourrait créer un « nouveau contrat patriotique » qui renforcerait le lien social.
Dans son projet, Glucksmann place également l’éducation au cœur de ses préoccupations. Il annonce une revalorisation substantielle des salaires des enseignants et une augmentation des moyens alloués aux établissements scolaires, tout en visant une diminution des postes administratifs. Il propose également d’appliquer « le principe de mixité sociale » à tous les établissements financés par l’État, y compris dans le secteur privé.
À l’approche des vacances d’été, il souligne la nécessité de répondre à un autre enjeu : la baisse des jeunes participant aux colonies de vacances. Glucksmann envisage la création d’un « passeport pour l’émancipation », garantissant à chaque enfant la possibilité de partir en séjour collectif. Cet engagement vise à favoriser l’épanouissement des jeunes générations.
Glucksmann ne cache pas sa volonté de réformer en profondeur le système social et fiscal français. Il plaide pour un rééquilibrage de la taxation entre le travail, le capital, la retraite et l’héritage. Il préconise également une « réforme juste et ambitieuse des retraites » qui prenne en compte les bouleversements démographiques et la pénibilité des métiers.
En matière de politique industrielle, il appelle à une « nouvelle révolution industrielle française » axée sur la transformation écologique, avec l’ambition de faire de la France la « locomotive de la puissance européenne ». Positionné sur une ligne sociale-démocrate, pro-européenne et écologiste, Glucksmann se distingue également par sa posture anti-France insoumise.
Bien qu’il ne prévoit pas d’officialiser sa candidature avant septembre, Glucksmann entend créer un élan en amont, avec la publication de son livre et un meeting prévu à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) le 13 juin. À travers ces initiatives, il espère susciter un débat public autour de ses propositions et mobiliser les citoyens autour d’un projet ambitieux pour l’avenir de la France.