Le député européen Raphaël Glucksmann, figure montante du mouvement Place publique, fait parler de lui en présentant des propositions audacieuses à l’approche de la présidentielle. Dans son ouvrage à paraître ce jeudi, il suggère la création d’une convention citoyenne sur l’immigration, une initiative visant à aborder le sujet migratoire de manière transparente et structurée.
EN BREF
- Glucksmann appelle à une convention citoyenne sur l’immigration.
- Il propose un service civique obligatoire pour renforcer le lien social.
- Le livre « Nous avons encore envie » présente ses idées pour la présidentielle.
Raphaël Glucksmann, qui se prépare à candidater à la présidentielle, a exprimé son désir d’organiser un débat public sur l’immigration. « Au lieu de fuir le débat migratoire, nous l’assumerons et nous organiserons une convention citoyenne », a-t-il déclaré. Ce projet inclut des citoyens tirés au sort pour garantir une représentation adéquate de la population. L’objectif est de confronter ces citoyens aux réalités démographiques, économiques et sécuritaires liées à l’immigration.
Cette proposition s’inscrit dans un cadre plus large, inspiré par les conventions citoyennes précédemment mises en place sous la présidence d’Emmanuel Macron, notamment sur des sujets tels que le climat ou la fin de vie. Selon Glucksmann, les résultats de cette convention seraient publics et pourraient déboucher sur des propositions législatives concrètes.
En plus de la convention citoyenne, Glucksmann avance l’idée d’instaurer un service civique obligatoire. Ce service serait une occasion pour les Français de se rencontrer et de collaborer au service de l’intérêt général. Il voit cela comme un élément d’un « nouveau contrat patriotique » qui pourrait renforcer le lien social dans le pays.
Dans son livre intitulé Nous avons encore envie, il aborde également des thématiques essentielles, comme l’éducation. Glucksmann promet de revaloriser les salaires des enseignants et d’augmenter le nombre de personnels dans les établissements scolaires, tout en réduisant les postes administratifs. Il compte aussi appliquer le principe de mixité sociale à tous les établissements financés par l’État, y compris dans le secteur privé.
Une autre de ses propositions vise à relancer les colonies de vacances, qui accueillent aujourd’hui trois fois moins de jeunes qu’au début des années 1980. Il suggère la création d’un « +passeport pour l’émancipation+ » pour garantir à chaque enfant la possibilité de participer à un séjour collectif.
Glucksmann ne se limite pas à des propositions éducatives. Il plaide pour un nouveau contrat social et fiscal qui privilégierait les travailleurs. Cela inclut un rééquilibrage de la taxation entre le travail, le capital, la retraite et l’héritage. Tout en reconnaissant la complexité des débats sur la taxe Zucman, qui s’applique aux très hauts patrimoines, il appelle à une réforme des retraites qui prenne en compte les bouleversements démographiques.
Son projet se veut ambitieux, intégrant l’idée d’une « nouvelle révolution industrielle française » axée sur la transformation écologique. Glucksmann aspire à faire de la France une locomotive de la puissance européenne. Positionné sur une ligne sociale-démocrate et pro-européenne, il se distancie également de la France Insoumise, cherchant à rassembler autour de ses idées.
Bien qu’il ne prévoit pas d’officialiser sa candidature avant septembre, Glucksmann compte créer un élan autour de son projet avant l’été, notamment avec la publication de son livre et un meeting prévu à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, le 13 juin.