Saint-Amand-Montrond : le maire mobilisé pour sauver la maternité locale

La maternité de Saint-Amand-Montrond, située dans le Cher, fait face à une menace de fermeture depuis un rapport de la Cour des comptes publié en mai 2024. Parmi une liste de vingt établissements en danger, la maternité a bénéficié d’un moratoire qui a repoussé de trois ans toute fermeture éventuelle. Emmanuel Riotte, le maire de la commune, a pris les choses en main pour défendre ce service essentiel, en lançant plusieurs initiatives pour inciter les familles à choisir la maternité locale pour leurs naissances.

EN BREF

  • La maternité de Saint-Amand-Montrond est menacée de fermeture.
  • Un moratoire a été instauré pour retarder cette fermeture de trois ans.
  • Le maire propose une prime de 1 000 euros par naissance pour attirer les familles.

Pour rendre la maternité plus attractive, la municipalité a mis en place une prime de 1 000 euros pour chaque naissance. Cette initiative vise à encourager les familles à choisir cet établissement, plutôt que de se rendre à Bourges ou Montluçon, situés à environ 45 minutes de route. Lors d’une visite à la maternité, le maire a croisé Pauline, une femme enceinte qui a choisi d’accoucher à Saint-Amand-Montrond. Elle a souligné l’importance d’avoir une maternité à proximité : « C’est quand même mieux d’avoir une maternité à cinq minutes », a-t-elle déclaré.

Le maire a exprimé sa satisfaction en constatant que neuf mamans étaient actuellement hospitalisées, une amélioration par rapport aux chiffres des années précédentes. Hélène, une sage-femme de l’établissement, a confirmé que la maternité commençait à retrouver une certaine dynamique. Thibaud, un jeune papa, a également insisté sur l’importance de la proximité lors d’un accouchement : « En cas d’urgence, c’est mieux », a-t-il ajouté.

Pour éviter une fermeture définitive, la maternité doit atteindre un seuil de 300 naissances par an, selon les recommandations de la Cour des comptes. Toutefois, Emmanuel Riotte conteste cette analyse, affirmant qu’il serait possible d’assurer un service compétent avec environ 200 naissances. « On est en train de progresser », a-t-il précisé, mettant en avant le regain d’intérêt suscité par la prime de 1 000 euros.

Cette mesure, qui incite les familles à accoucher sur place, est financée conjointement par la mairie et la communauté de communes. Les 1 000 euros sont versés sous forme de chèques-cadeaux à utiliser dans les commerces de Saint-Amand-Montrond, apportant ainsi un soutien économique aux jeunes familles. Charlotte, qui a donné naissance à ses deux enfants dans cette maternité, a exprimé sa satisfaction quant à la qualité des soins : « Le personnel est top, les locaux sont top », a-t-elle déclaré.

Pour le maire, l’enjeu dépasse la simple maternité. « Il faut qu’on conserve notre maternité pour que des jeunes puissent s’installer ici, chercher du travail », a-t-il déclaré. Emmanuel Riotte considère que la présence de services de santé est un facteur déterminant pour attirer de nouvelles familles et maintenir la vitalité de la commune. « C’est un bras de fer entre les collectivités locales et Paris », a-t-il ajouté, soulignant les défis politiques auxquels il fait face.

Cependant, certains habitants craignent que la fermeture de la maternité n’entraîne une dégradation des services de santé dans la région. Une commerçante a exprimé son inquiétude face à une « politique du chiffre » qui pourrait pénaliser les femmes. Elle a également soulevé la possibilité que la fermeture de la maternité entraîne le départ des gynécologues de la commune, aggravant ainsi la situation.

Dans ce contexte tendu, la défense de la maternité de Saint-Amand-Montrond est devenue un symbole de la lutte pour la préservation des services de santé de proximité. Le maire et les habitants continuent de se mobiliser pour convaincre les autorités de l’importance de cet établissement pour la communauté.