La foudre frappe souvent deux fois au même endroit : la NASA clarifie ce mythe

« La foudre ne frappe jamais deux fois au même endroit. » Cette phrase, bien ancrée dans notre culture, est souvent utilisée pour rassurer lors d’orages. Pourtant, elle repose sur une idée fausse. La NASA, à travers son réseau de détection, a révélé des données surprenantes qui défient cette croyance populaire.

EN BREF

  • La foudre frappe environ 8 millions de fois par jour sur Terre.
  • Des structures comme l’Empire State Building sont frappées de nombreuses fois chaque année.
  • La croyance que la foudre n’atteint pas deux fois le même endroit est un mythe sans fondement scientifique.

La réalité est que la foudre affectionne particulièrement les lieux déjà touchés. La NASA a compilé des années de données grâce à son système Lightning Imaging Sensor (LIS) embarqué sur la Station spatiale internationale, et les résultats sont sans appel. En moyenne, la foudre frappe la Terre près de 100 fois par seconde. Cette fréquence élevée remet en question l’idée que la foudre éviterait systématiquement les endroits déjà frappés.

Une étude de 2017 dans la revue Geophysical Research Letters a également mis en lumière un fait fascinant : lors d’un même éclair, plusieurs impacts peuvent se produire au même endroit. Ainsi, non seulement la foudre peut frapper à nouveau un lieu, mais elle peut aussi toucher plusieurs zones simultanément.

Pour illustrer ce phénomène, prenons l’exemple de l’Empire State Building, qui enregistre en moyenne 25 frappes de foudre par an, et parfois même plus de 100. Ce bâtiment emblématique est équipé de dispositifs de mesure depuis les années 1930, car il est bien connu pour attirer la foudre. À Toronto, la Tour CN subit environ 75 impacts annuels, tandis que la Tour Eiffel est touchée une dizaine de fois chaque année. Ces statistiques ne sont pas des exceptions, mais plutôt des exemples de la physique en action.

La foudre suit le chemin de moindre résistance entre les nuages et le sol. Les objets élevés, métalliques ou pointus, deviennent des canaux conducteurs privilégiés. Une fois qu’un chemin ionisé est établi, il est plus facile pour le courant de le réutiliser plutôt que de créer un nouveau parcours. Ce phénomène est précisément le contraire de l’idée reçue : un endroit déjà frappé a statistiquement plus de chances d’être à nouveau touché.

Les arbres isolés dans des champs, par exemple, peuvent présenter des cicatrices de foudre superposées sur leurs troncs, témoignant de plusieurs impacts au même endroit. Les paratonnerres, inventés par Benjamin Franklin au XVIIIe siècle, fonctionnent également sur ce principe, attirant délibérément la foudre pour protéger les bâtiments environnants.

Le mythe selon lequel la foudre ne frappe jamais deux fois au même endroit trouve son origine floue, mais il est attesté en anglais dès le XIXe siècle. Il est souvent perçu comme un proverbe de bon sens sans aucune base scientifique. Plusieurs facteurs expliquent la longévité de cette croyance. D’une part, notre cerveau a tendance à mal estimer les probabilités d’événements rares. D’autre part, cette idée rassurante nous permet de croire que si un endroit a déjà été frappé, il ne le sera plus.

Ce biais cognitif est connu sous le nom de sophisme du joueur, où l’on pense que les événements passés influencent des événements futurs indépendants. De plus, la foudre est un phénomène que beaucoup de gens n’observent que de loin, renforçant ainsi cette croyance populaire. L’absence d’observation directe contribue à la persistance de ce mythe.

Un cas célèbre est celui de Roy Sullivan, garde forestier américain, qui a été frappé par la foudre sept fois entre 1942 et 1977. Bien qu’il ait survécu à chaque impact, ses chances d’être frappé étaient très faibles, estimées à environ 1 sur 10²⁸. Sullivan passait la plupart de son temps à l’extérieur, dans des zones boisées, ce qui illustre parfaitement que ce ne sont pas les probabilités brutes qui comptent, mais l’exposition et les conditions physiques.

Pour conclure, la prochaine fois que quelqu’un évoque cette célèbre phrase pendant un orage, vous pourrez lui rappeler les statistiques impressionnantes concernant l’Empire State Building et les autres structures qui attirent la foudre. La foudre ne frappe pas au hasard : elle suit les lois de la physique, qui n’hésitent pas à revenir à plusieurs reprises au même endroit.