Marie-Jeanne, 19 ans : un parcours de résilience face à la crise suicidaire

En septembre, le mois dédié à la sensibilisation au suicide, Marie-Jeanne, une jeune Franco-Polonaise de 19 ans, se livre sur son expérience personnelle avec la crise suicidaire qu’elle a vécue à l’âge de 17 ans. Son témoignage met en lumière l’importance de la prévention et de l’écoute autour de la santé mentale.

EN BREF

  • Marie-Jeanne a vécu une crise suicidaire à 17 ans, suivie d’une hospitalisation.
  • Elle utilise les réseaux sociaux pour sensibiliser sur la santé mentale.
  • Les statistiques montrent une augmentation des pensées suicidaires chez les jeunes.

Marie-Jeanne partage régulièrement sur son compte TikTok des messages de sensibilisation à la santé mentale, affirmant que « parler, ça peut sauver une vie ». Sa propre expérience lui a appris à aborder ce sujet délicat, souvent tabou, avec franchise et compassion. À 17 ans, elle a traversé une période sombre, marquée par des pensées suicidaires qui ont nécessité une hospitalisation.

« J’ai mis du temps à comprendre que demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse, mais un acte de courage », souligne-t-elle. Originaire de Suisse, elle a commencé à ressentir de la détresse psychologique dès l’âge de 11 ans, en raison de problèmes familiaux graves, notamment des violences de son père. Malgré une première tentative d’aide par le biais d’un psychologue scolaire, le suivi a été interrompu, laissant Marie-Jeanne dans une souffrance qu’elle n’a pas su exprimer.

« J’étais souvent en pleurs et je n’avais pas envie de rentrer chez moi après l’école. Je me sentais décalée par rapport à mes camarades de classe », raconte-t-elle. Sa situation s’est aggravée durant son apprentissage dans le domaine des transports publics, où des problèmes de santé récurrents ont culminé avec une hospitalisation en urgence due à une septicémie.

Après avoir été rapatriée en Suisse, Marie-Jeanne a commencé à prendre conscience que sa santé mentale était en jeu. Elle a alors connu une période de profonde solitude, négligeant sa santé physique et mentale. « J’oubliais de manger et je ne prenais plus soin de moi. C’était le début d’une descente aux enfers », avoue-t-elle. À cette époque, elle avait des pensées suicidaires et se sentait de plus en plus désespérée.

Un tournant s’est produit lorsqu’une amie lui a suggéré de contacter un service d’écoute. Cet appel a été un premier pas vers la guérison. « Ils m’ont rassurée », se souvient-elle. Cependant, la détresse a persisté et elle a fini par se retrouver aux urgences psychiatriques après avoir envoyé un message désespéré à sa mère.

Marie-Jeanne a été hospitalisée pour un suivi quotidien. C’est là qu’elle a reçu un diagnostic de dépression sévère et de trouble obsessionnel compulsif, ainsi qu’un traitement antidépresseur. Son parcours de guérison a été soutenu par sa famille, qui a su comprendre et accompagner sa souffrance. « Ma mère a bien réagi, même si j’avais peur de la décevoir », confie-t-elle.

Deux ans après cette période difficile, Marie-Jeanne se sent plus forte et confiante. Elle a appris à prendre soin d’elle-même et à établir des limites saines dans ses relations. « La vie continue, et il y a quelque chose à construire », dit-elle avec optimisme. Elle utilise désormais ses expériences pour aider les autres, notamment sur les réseaux sociaux, où elle partage son histoire pour encourager ceux qui souffrent en silence.

En ce mois de septembre, qui est une période de sensibilisation au suicide, Marie-Jeanne invite chacun à réfléchir à la santé mentale. « Il y a tant de ressources pour se faire aider, il suffit de faire le premier pas », conclut-elle, pleine d’espoir pour l’avenir.