Un jugement a été rendu mercredi par un tribunal thaïlandais, condamnant Manasawin Nantasen, connu sous le nom de scène de Tik Shiro, à deux ans de prison. Ce chanteur, souvent surnommé le « Michael Jackson thaïlandais », a été reconnu coupable d’avoir causé la mort de deux personnes dans un accident de la route survenu en octobre 2024 à Bangkok, alors qu’il conduisait en état d’ivresse.
EN BREF
- Manasawin Nantasen a été condamné à deux ans de prison pour conduite en état d’ivresse.
- Il a causé la mort d’une femme de 28 ans et de son frère de 21 ans.
- Le chanteur a exprimé des remords et a assisté aux funérailles des victimes.
Âgé de 64 ans, Tik Shiro a acquis sa notoriété dans les années 1980 et 1990, se distinguant par son style vestimentaire, incluant un chapeau emblématique et des vestes en cuir, ainsi que par ses talents de danseur. L’accident tragique s’est produit lorsque son monospace a percuté une moto à l’arrêt, entraînant la mort immédiate des deux victimes. Une vidéo montrant le chanteur en larmes sur les lieux de l’accident a suscité une vive émotion dans le pays.
Le tribunal a souligné que le prévenu avait collaboré avec la justice et s’était rendu après l’accident. Les juges ont noté son comportement de remords, notamment sa présence aux funérailles des victimes et le versement d’une compensation à leurs familles. En conséquence, son permis de conduire a été annulé, et il devra purger sa peine.
Le même jour, un autre musicien thaïlandais, le rockeur Sek Loso, a été libéré après avoir purgé une peine d’un an pour possession illégale d’une arme à feu. Cette coïncidence a ravivé les débats sur la justice en Thaïlande, où un sentiment croissant d’inégalité face à la loi se fait sentir, particulièrement en ce qui concerne les personnalités riches et influentes.
En effet, de nombreux Thaïlandais expriment leur scepticisme quant à la justice pour les personnes ayant des moyens financiers. L’affaire de Vorayuth Yoovidhya, héritier de l’empire Red Bull, qui a été accusé d’avoir mortellement percuté un policier en 2012 et n’a jamais été inculpé, illustre cette perception. De même, Chalerm Yubamrung, fils d’un ancien député du parti Pheu Thai, a été acquitté pour insuffisance de preuves après avoir abattu un homme dans une boîte de nuit en 2001.
Ces affaires soulèvent des questions sur l’équité du système judiciaire thaïlandais, en particulier pour ceux qui, comme Tik Shiro, sont mêlés à des incidents tragiques mais semblent bénéficier d’un traitement différent en raison de leur statut social. Les discussions sur la responsabilité des élites continuent de faire écho dans la société thaïlandaise, où les citoyens demandent une justice véritablement impartiale.